Comme il évolue ce rapport au corps nu . Je vois ma petite fille de 5 ans, qui se promène toute nue, danse, chante ; je me souviens alors, même si le souvenir est lointain de ma propre aisance dans ce corps de mon enfance, celle plus difficile au moment de l’adolescence où seule l’envie de se cacher dominait. Aisance retrouvée dans ma vie de femme. J’adorais les camps naturistes et avais ce rapport au corps complètement décomplexé.
Aujourd’hui, les choses ont un peu changé. Autant j’aime me voir nue et j’ai sur moi le regard de la bienveillance, autant j’ai du mal à m’exhiber nue devant mon amoureux, comme ça, brutalement en quelque sorte, en dehors de toute relation sexuelle, simplement passer devant lui. Et pourtant…
Je crois qu’on ne pense jamais assez que les hommes ne nous détaillent pas par le menu. Qu’ils aiment autant notre corps devenu si doux, moelleux et par là même source de plaisirs. Et leur corps change aussi, moins ferme tout comme le nôtre, plus bedonnant même si l’image féminine continue en terme de vieillissement à être plus dénigrée; l’égalité en la matière, tout du moins aux yeux des médias, de la mode, des idées véhiculées çà et là est aléatoire.
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à parler de leur corps sans doute parce qu’elles sont trop souvent réduites à lui. Au niveau de la société, la valeur des femmes est régulièrement placée dans leur physique, leur capital de séduction. C’est là une évidence, les magazines sont remplis de ces considérations sur le corps féminin.
Le regard de l’amour est fondamental. Se sentir aimée, désirée toujours, rend ce rapport au corps tendre. Mais pour autant nous ne vivons pas toutes une histoire de couple, le fait de se retrouver seule devant sa nudité, de bichonner son corps est aussi une forme de respect de soi.
Mon corps, je l’aime. Déjà parce qu’il m’a permis de faire trois beaux enfants, parce qu’il me suit dans tous mes projets sans trop rechigner, parce que j’ai pris le parti de faire fi des bobos de droite et de gauche, parce qu’il me donne beaucoup de plaisirs.
Je me plais physiquement parce qu’il n’y a pas de différence entre mon apparence et ma personnalité. Bien sûr que je vois les petites choses que le temps a inscrites çà et là, mais je les vois avec le sourire. Et vous comment vous sentez-vous dans votre corps de quinqua ?

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