Je postais il y a peu sur F.B. un article de je ne sais où ni de qui d’ailleurs ( on voit que j’ai la référence floue) qui disait que l’art et l’amour sont ce qui rend la vie plus belle, nos moteurs. Je pense que c’est là en effet, pour ce qui me concerne, un surcroit de sens à la vie . L’amour pour nos enfants, nos parents si nous avons encore cette chance de les avoir, pour notre amoureux bien sûr et l’art …. l’art qui n’appartient qu’à chacun d’entre nous, une passion qui ne cesse de s’alimenter nourrie d’une insatiable curiosité, comme un fil qu’on tire d’une pelote qui n’aurait jamais de fin .
Et justement, j’ai  » rencontré  » il y a quelques années Claire Tabouret et ses immenses toiles de groupes : jeunes adolescentes, jeunes enfants grimés, des groupes et encore des groupes, à la manière de ces photos de classes à partir desquelles elle travaille . J’ai assisté il y a peu à une conférence sur son travail . Et j’ai entendu là des mots qu’il me plaisait de partager avec vous.
La «  détermination  » déjà, cette idée qu’a l’artiste qu’elle a une oeuvre à construire, tout comme Basquiat l’a eue très vite, comme si la mort qui devait le faucher 6 années plus tard était pressentie dans cette oeuvre immense qu’il laisse. C. Tabouret donne aussi à voir un travail qui s’acharne .  F. Pinault achètera une des ses oeuvres  lui donnant par là une dimension internationale.

La «  violence « . Celle des décisions à prendre vite, celle qui fait que un jour on est là, un autre ailleurs; la violence des regards muets, et c’est à dessein que je parle de ces regards qui se taisent mais qui questionnent par delà le vide qu’ils semblent afficher.
 » L’individualité  » et  » l’altérité  » : comment vivre et faire vivre l’individu dans ses particularités, ses expressions, son identité alors même qu’il est confondu dans un groupe ? N’est-ce pas là le questionnement sous tendu par les réseaux sociaux ? Par ce blog même, tiens, qui fait vivre mon individualité dans l’infini des individus du Net ?
 » L’errance  » et le  » Nomadisme : j’ai toujours eu un faible pour ce mot  » l’errance  » , pour le lâcher- prise qu’il induit. Accepter d’errer dans sa vie, dans son travail, dans ses amours, dans ses goûts. Claire achète, avec cet argent qu’elle gagne désormais, une maison au fin fond du désert, une cabane de chercheuse d’or, emplie encore des vêtements de cette femme, de ses chaussures, ses outils, comme pour se fondre dans une autre personne. Etre soi et être dans cette possibilité d’être autre.
En expérimentant d’autres techniques comme la sculpture en terre cuite émaillée, elle fait sortir de ses tableaux ses personnages, qui désormais ont leur  » vie  » propre.

Les groupes de personnages ne sont pas son seul sujet. Il y a aussi des barques échouées, des tentes sorties du désert, elles aussi, tout un univers qui dit la trace de l’homme .

«  La trace  » , voilà aussi un mot chargé de sens.
Non vraiment, la peinture n’est pas morte dans l’art contemporain !

( Claire Tabouret était exposée cet été à la Collection Lambert à Avignon et au Cloitre des Célestins . L’une de ses oeuvres a été choisie pour l’affiche du festival de théâtre en juillet )

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