Moi qui vous parle, je suis coutumière des prises de tête, pour un oui ou un non, je vire obsessionnelle. Par exemple un tel me dit une chose, et là, ça se met à remuer dans ma tête, je tourne, retourne la remarque, échafaude des hypothèses, des contre-hypothèses, tire des plans, envisage la chose en elle-même et dans son contraire, essaye de me mettre à la place de …, d’introduire du rationnel. Bref, j’aimerais ne pas le faire et je le fais pourtant, malgré moi, en quelque sorte. Cela me vaut des nuits blanches avec la tête qui va avec le lendemain. Car la prise de tête se mesure à la mine blafarde et à la profondeur des cernes . Heureux les imbéciles qui jamais n’ont de cernes, c’est même à ça qu’on les reconnait.
Or, j’en viens à me demander, l’âge aidant, s’il ne serait pas bien de cesser (enfin) ce mécanisme de la prise de tête.
Voilà je me le demande sincèrement, et je suis bien certaine que vous êtes nombreuses à me lire et à être dans le même désir, et vous attendez que je vous dise comment faire, je vais le faire d’ailleurs, soyez patientes.

C’est à dire que déjà, je m’interroge quant à savoir pourquoi j’ai pris ce sujet. J’aurais mieux fait d’en prendre un autre du genre  » comment réaliser un apéritif dinatoire du feu de Dieu  » , c’est vrai, j’aurais mieux fait. Seulement voilà, ce sujet, il me tournait dans la tête depuis un moment et il faut que je m’en dépatouille, envers et contre tout, et surtout contre moi même.

Soyons un peu méthodique . Tout d’abord levons le voile : personne n’a « envie » de se prendre la tête, le mot est mal choisi, tout le monde rêve d’être cool, de faire des choix et de s’y tenir, de les exploiter au maximum, tranquillement, d’accepter l’autre ou les autres comme ils sont, oui,, mais voilà « REVE », car la réalité est autre. La réalité est qu’on ne peut être maître de son cerveau qu’au prix d’un travail énorme sur soi, et ça c’est comme les abdos, on fait deux, trois pompes et on voudrait que ça soit déjà comme du béton, or, ça l’est… JAMAIS. Donc le mot « envie » on pourrait facilement l’enlever, je ne le fais pas, mais la pensée y est.

Il reste « le temps » … le temps ? Alors là je m’applaudis toute seule, car se prendre la tête demande pas mal de temps, et cette chronique vous en donne un bon exemple. On peut tourner en rond pendant des heures, et pendant ce temps, de la réflexion, du ressassement, on aura rien fait d’autre, ou de si petites choses qu’on ne saura plus au juste quoi… Et c’est vrai que sans être compté, le temps (ah, « le temps », voilà un sujet sur lequel il y aurait beaucoup à dire… je laisse ça à Michel Onfray, dont je suis fan et d’ailleurs. Michel, si par hasard, le plus grand des hasards, auquel vous ne croyez pas d’ailleurs et ni moi, vous lisez cette chronique, je vous dis toute mon admiration, je vous lis même à la plage, c’est dire !  Je sais que vous êtes dans une période difficile suite à cette lettre très marrante que vous avez écrite à notre Chef de l’état, et vous avez bien fait )…mais bon c’ est important de réfléchir au temps perdu, à passer, qui passe, mais on va pas abîmer nos belles années à venir avec ces questions à deux euros. ( je trouve quand même que  » deux euros  » ça a moins de gueule que  » deux balles  » )
Essentiellement il faut dire qu’on se prend la tête sur des sujets qui n’en valent pas la peine, il faut bien le reconnaitre, sur des choses qu’on ne comprendra jamais quand bien même on se taperait la tête dans une pastèque : j’ai vu ça un jour à la télé, des types qui fracassaient des pastèques avec leur tête pour battre un record du monde. Le monde est fou : pendant qu’on bosse plus ou moins tranquillement, il y a des gens qui alignent des pastèques et se tapent la rangée, tout dégoulinants . Et cette sorte de parallélisme m’amène tout droit à la conclusion : le jus de pastèque ça colle et la tête au contact s’aplatit méchamment.

Donc, pour en revenir au sujet qui m’occupe, je cite Meryl Streep, qui en la matière a donné de la voix :  » « Juste, détendez-vous et profitez de tout. » Voilà une jolie maxime à appliquer quand la petite voix intérieure se fait trop insistante.

Pénélope Bagieu, Ma vie est tout à fait fascinante

 

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