Dans ces temps de stress post rentrée, de sortie de mon livre  » Voyage en Ménopausamie  » , de soirée de çi de là, je me suis dit benoitement qu’il me fallait fissa une séance de  » méditation, recentrage, concentration  » . Le projet était grand, mais j’ai l’habitude de voir grand dans mes projets, la vie, les autres font ensuite qu’ils s’amenuisent d’eux-mêmes, voire disparaissent corps et bien.

Bref. Je m’inscris donc à une séance de  » méditation, recentrage, concentration » .

Il est 19h30, j’ai faim ( oui, je dine tôt, je me prépare à la maison de retraite où ne manqueront pas de me caser mes fils le moment venu ( j’ai encore de la marge : une heure pour tout dire, je me suis renseignée : diner à 18H30 ) Bref, je digresse.
Donc, déjà, premier constat : je n’ai absolument rien à me mettre. Constat d’une vacuité sidérante que je fais tous les matins, à tort, car j’ai 30 robes pour chaque saison, soit une par jour et hop on recommence le mois suivant. Mais là, force est de constater que je n’ai vraiment rien, de mou, confortable, pour évoluer les jambes écartées, ras le sol, devant les autres ( j’imagine bien ne pas être la seule à cette séance gratuite : quand c’est gratuit, en général il y a pléthore)
J’emprunte donc le maillot de bain short de mon fils cadet, bleu marine, qui me va comme un gant, c’est à dire mal. Un tee-shirt à lui également, je n’ai pas de tee-shirt vu que je ne mets que des robes, pas repassé, je ne repasse plus ses vêtements depuis belle lurette.
J’arrive…

Des tapis au sol ( Persans de chez Ikea) et un prof qui a l’air d’un Bonze ( enfin dans Tintin au Tibet), pas mal ceci étant, mais je ne suis pas là pour me marier, je suis là pour me recentrer.

Une odeur d’encens flotte dans l’air.  Aussitôt je me souviens avoir lu que l’encens est cancérigène.( je suis hypocondriaque) Bon sûrement pas dans l’heure, enfin j’espère. On s’allonge. Le sol est dur, très dur, le tapis est mince, très mince . Un plafond à la française au dessus de moi. Pas grave, j’ai décidé que je suis au Tibet, je vais faire un effort. Je fixe un point entre mes yeux fermés : c’est la consigne . En matière de consigne, je suis un soldat. Mais voilà, fixer un point les yeux fermés, j’ai un peu de mal, je louche et j’ai peur d’un coup de rester coincée. Il me faut donc périodiquement ouvrir les yeux pour vérifier qu’ils se remettent bien droit. OUF ! OUI!
On s’assoit, en tailleur. La consigne là est de placer deux doigts au centre de son front, entre les yeux et de se boucher les narines avec l’annulaire et l’autre doigt qui reste ( sauf les petits doigts) . Je me mélange un peu les doigts, mais c’est pas grave. Respirer par une narine puis l’autre, inspire, expire. Impossible pour ce qui me concerne, j’ai le nez bouché. La manip dure des plombes. J’essaye de rester concentrée sur le point entre mes yeux, le nez bouché, en apnée.
Puis allongée sur le dos, les paumes vers le sol, il s’agit de monter les jambes et de tenir ses fesses avec ses mains, qui pour le coup n’ont plus les paumes vers le sol. Mes fesses refusent de monter, je renonce. Le prof me regarde, je le vois derrière mes yeux mi clos et malgré l’obscurité ( là on s’éclaire à la bougie) , je le sens dubitatif.
Vingt minutes de méditation s’ensuivent. Impossible de ne pas cogiter . J’ai rien dans mon frigo, je pense à mon ex, je me demande ce qu’il fait pendant que je me recentre, je pense à mon prochain billet sur mon blog, je pense à tout un tas de trucs, sauf à ce fichu point entre mes yeux que j’ai perdu de vue depuis un moment.
Voilà, la séance est finie. Il faut s’étirer, là je pense à Mimoune, mon chat, et je me dis qu’en matière d’étirement, je ne lui arrive pas à la moitié de la patte.
Le prof vient vers moi, avec son sarouel, son bronzage du Cap d’Agde, et il me dit  » Et alors, c’était comment ?  » . Elle me rappelle vaguement un truc cette phrase, mais bon, je dois me tromper. Je dis que bon, j’ai eu un peu de mal avec la méditation surtout, qu’il faudrait m’apprendre à faire le vide, j’explique que comme un enfant, j’ai besoin qu’on me montre comment marcher… le prof me dit que j’ai faux , que comme  un enfant à qui on  intime l’ordre de dormir, s’endort aussitôt, la méditation n’est pas  » FAIRE « , c’est  » ETRE « . ( égal :  » Médite  » ! ET HOP, je médite !!!! ) Alors là je pense que vraiment mes enfants ont été des gamins très pénibles, car pas une fois, quand je leur ordonnais,  » DORS !  » , ils ne se sont endormis derechef !

PS : il est tout de même possible que je fasse une deuxième séance !

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