Comme vous le savez j’ai laissé mon esprit vagabonder dans les ruelles de Rome et cette solitude qui était mienne était bien propice à tout un tas de réflexions que je vous livre au fur et à mesure.
Recevant des textos de mes fils, dans le souci de savoir si mon voyage se passait bien, de mes amies attentives à mon bien être, je me suis dit que c’était agréable ce lien qui continue d’exister en dépit de la distance géographie, voire même qui se renforce à son contact.
Textos relativement nouveaux pour ma génération tout de même, tout au plus une quinzaine d’années. D’ailleurs je me suis souvent demandée ce que seraient devenues mes relations d’alors, d’avant cet outil de  » communication  » , si j’avais pu à toute heure du jour et de la nuit entrer en communication avec les autres.

Vous l’avez sûrement expérimenté, il est pourtant des textos qui sont superfétatoires.

Je pense par exemple aux textos  » états d’âme «  , sortes d’impulsions nées du ressenti du moment et envoyés dans la foulée alors même que le ressenti, en tant que tel, est passé. On se dit alors que Zut, on aurait pas du, et puis trop tard, on voit que c’est distribué et il va falloir assumer ce qui va suivre, ou rien : le silence.

Le silence, dans le texto, est aussi signe de quelque chose : l’autre est occupé, n’a pas envie de répondre, joue de son silence et de sa non-réponse. Le silence est langage, mais autant quand on a la personne en face, on peut deviner ce qui sous-tend ce silence, autant là, on a aucune prise en dehors de ce qui est fantasmé.

Le texto est AUSSI une forme de communication sans le ton. Qu’a-t’il ( elle ) voulu dire par là ? : une plaisanterie, une forme d’ironie, une vraie attention, une perche tendue.. on décrypte les mots un à un, sortes de Champollion modernes, pour finalement comprendre ce qu’on pense devoir être compris et qui, souvent, s’avère être totalement à côté de la plaque.

Les textos explications qui s’allongent pendant des lignes et des lignes jusqu’à se transformer en MMS dans un langage parfois approximatif, du fait de l’écriture automatique et qui là aussi vont nous demander une forme d’analyse.

Et puis les textos de rupture, c’est arrivé à quelques unes de mes amies : des  » bon vent  » , des  » bonne continuation  » , signes de la goujaterie et de la lâcheté.

A communiquer tous azimuts on en perd le goût de la communication réelle et bienfaisante, celle qui passe par l’écoute de l’autre, l’attention à ses regards, ses mimiques, le toucher.
Laissons aux textos le factuel qui s’inquiète de savoir qui va faire les courses, les courtes déclarations, les  » je t’aime  » jetés comme des bouées dans l’océan d’une journée où l’autre est trop loin de nous, comme une manière de rassurer, ou même encourageons le sexto qui joue avec les mots de l’amour et crie le désir face à l’absence de l’autre.
Je ne parle pas des smileys qui à tour de bras, cherchent à ajouter du sens, drôles de têtes jaunes, le sourire jusqu’aux oreilles, les petits coeurs, les poings levés … Puérils et si loin de nos jolis sourires.
Non, vraiment le texto, pour ma part, je vais laisser tomber en dehors des passages obligés. Pour le reste, appelons nous et cessons ces jeux souvent infernaux.

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