Aujourd’hui où je commence à ressentir dans mon corps et voir sur ma peau les années qui sont passées, où se profile une soixantaine qui m’aurait paru diaboliquement loin de moi adolescente, je suis heureuse d’être la femme que je suis. La psychanalyse m’a sûrement beaucoup aidée à tirer un fil entre la petite fille que j’étais, introvertie, sage, passionnée de lecture, silencieuse et la femme que je suis devenue plus enjouée, épanouie ; la psychanalyse mais aussi les rencontres faites, les années de mariage avec des hommes formidables qui m’ont aimée à la folie et à qui j’ai donné tout mon amour. Les rencontres avec des femmes de tous âges, mêlant dans nos conversations nos expériences de vie, riant de nos aventures et de nos mésaventures. Les amants de passage dans ma longue vie de célibataire, après mon dernier divorce, ont toujours porté sur moi un beau regard qui a sans doute participé à ce que j’ai une belle image de moi. Mon métier qui me passionne toujours autant malgré la fatigue qu’il entraine parfois au contact de ces adolescents turbulents et insouciants, perturbés parfois, tristes, hystériques, dans la démesure et la fougue qui est la leur. Mes fils, les trois, qui ont quitté pour l’ainé depuis longtemps le giron maternel, continuent à m’entourer de leur douce présence et de leur attention, chacun à leur manière. J’aime les entendre m’appeler  » Maman  » à presque 38 ans . Ma petite fille, cadeau de la vie, qui malgré la distance me ravit de ses bons mots, de ses refus d’entrer dans le moule de l’école, de son imaginaire débordant. J’aurais pu écrire, passer ma vie à cela . J’ai toujours en tête quand je vis, au quotidien, une petite musique de mots qui met de la distance, donne une forme romanesque à ce que je suis en train de vivre. Trop flemmarde malgré ma solitude que j’apprécie, je n’ai pas su m’isoler assez pour écrire ce roman que j’ai senti tant de fois naitre de moi . Je me suis livrée alors à la rédaction de chroniques, tant je sentais un décalage entre l’image que la société a de nous, les plus de cinquante ans, et ce que nous sommes. Cela a donné en cette fin d’été 2018 un joli recueil : Voyage en Ménopausamie. Je me sens guère différente de quand j’avais trente ou quarante ans. Je suis plus apaisée, plus lucide. J’ai beaucoup appris de la vie et elle m’a beaucoup appris. Je ne suis pas une femme de regrets ni de remords. Sans vivre à toutes forces le moment présent, je suis en correspondance avec lui et dans la jouissance de ce que je vis là. C’est tout cela que vous trouverez dans ce blog, tout ce qui me constitue et conséquemment vous constitue car nous nous ressemblons toutes dans nos vies quelle que que soit la surface que nous donnons à voir : en couple, veuve, célibataire, avec enfants ou sans. Ce sentiment d’appartenance à une communauté de femmes, je l’ai eu assez vite en commençant les chroniques pour L’Express et il s’est accru avec le temps. J’espère que ce blog et le livre que j’ai écrit que vous pouvez commander sur ma boite mail : mallie.dominique@orange.fr sera un train d’union entre vous et moi et entre vous, et saura vous donner çà et là beaucoup de plaisir de lecture…. c’est mon souhait le plus cher. Rien ne s’arrête, tout est possible, la vie continue !

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