De moi à vous

La vie(rtuelle) amoureuse

Parlons de ce livre que je viens de finir et qui nous parlera à toutes et tous ( peut être) .
Lui, c’est Vincent et elle, Laure. Ils ont une petite quarantaine, se croisent sur un réseau social autour de posts : citations, photos, passions communes, musique. Facebook, le réseau.
Une relation naît, virtuelle.

Mais où commence le virtuel et où finit-il ?

N’y-a-t’il pas des relations de la vie qui à force d’être évanescentes en deviennent comme virtuelles ?
On se like les posts. On adore et on s’espionne.

La vie souterraine de Facebook.

Qui fait quoi? ET qu’a-t’il fait ce jour là et quelles photos d’autres il  » like « ? Mais qui est-elle, cette blonde aux cheveux raides et cette brune qui se marre sur toutes ces photos ? De fil en aiguille, de curiosités en inquiétudes, de joies en souffrances, de bonheurs en doutes, Laure crée l’univers de Vincent. Ou plutôt le recrée à partir de cette mise en scène de soi que sont les profils Facebook.
Il lui faut une belle photo de profil : il faut que Vincent la trouve belle. Elle attend son  » like  » comme on attend le Messie. Il vient 48 minutes après qu’elle ait posté la photo. Tout fait signe lorsqu’il s’agit d’amour. 48 minutes c’est insupportable alors qu’un clic est si facile et un mot, un seul : tu es belle, genre.
Ils passent à Messenger.

Conversation privée, les coulisses de FB.
Puis échangent leur numéro de téléphone et les textos se succèdent : Là tu es où ? Montaigne  » parce que c’était lui, parce que c’était moi « . Tu as lu Buzzati ?

Biz avec un seul  » z  » , ça veut dire quoi ? Elle est agrégée de lettres, lui a publié quelques livres aussi dans je ne sais plus quel domaine.
Plus rien ne compte, ni les gens du métro, ni les cris des gens, ni la mocheté du monde, il y a là dans le sac de Laure un message de Vincent, elle le sait, il a vibré, le téléphone. Partout il vibre, elle attend, ménage l’attente, anticipe le plaisir de la lecture des quelques pauvres mots.
Parfois, il n’y a rien. Pas de réponse. Tout est à interpréter : silence, mots, sa spécialité en linguistique lui sert enfin à quelque chose. Mais là, il a voulu dire quoi ? Et ces points de suspension, quel sens ont-ils? Elle attend des heures, la nuit, une réponse, déteste l’attente, se joue d’elle, cache son portable, le met sur  » Avion », s’enfuit là où il n’y a plus de réseau.
Et puis…
Le reste, je vous laisse le lire. J’ai  » brodé  » autour de cette histoire tant elle est nôtre à toutes et tous.

(Comme elle l’imagine Stephanie Dupays : le livre )

5 commentaires

  • REINHART Claude

    Très chère Dominique… bien sûr que cette histoire joliment racontée fait écho à celles qu’on a vécues et parfois pas qu’en rêves …la réalité étant quelque fois dure à rapprocher du virtuel qui a nourrit avec souvent une grande excitation une forme d’impatience l’attente du jour J.. on idéalise on imagine on espère et plus voilà … mais cela permet aussi de rapprocher les corps après que les âmes se soient silencieusement et secrètement « parlées »
    Bien à vous
    Claude

  • Catherine

    D’autres temps, d’autres lieux, d’autres moyens de communication, le clavier de l’ordinateur … mais on final, je confirme « il y a nous » ! La magie est en nous, tout simplement. <3

  • Nathalie Chesneau

    Tu sais quoi ? On dirait que tu racontes un épisode de ma vie ! excellent. Là je fais un bond en arrière de quelques années, cela me donne le sourire, merci. Le virtuel ne dispensant pas d être vrai(e) est magique, les rêves vont bon train l imagination est débordante l attente délicieuse Puis un jour on passe d un pas léger et voluptueux à la réalité de cette rencontre tant attendue
    Beaucoup critiquent les réseaux sociaux mais fichtre il n y a pas que des tordu(e)s, des fêlé(e)s, des pervers etc. Il y a nous
    Bises et bon après midi

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