Ce n’est pas parce que le  » ragot  » a pour synonyme le  » commérage  » qu’il désigne seulement des histoires colportées par les femmes . Ne nous trompons pas : le ragot est bien l’affaire de tous . Et qui n’a pas entendu, souffert, colporté des ragots de ci, de là ?

Déjà pour ragoter il faut être deux ( au moins ) et ingrédient nécessaire, il faut que les deux personnes connaissent celui ou celle, objet de ragots. Même de loin, comme témoignent certains ragots sur des personnages  » publiques  » . De plus, il faut que l’information colportée soit croustillante . Je pense, mais je n’engage que moi, que les ragots, comme dirait mon père, qui n’est pourtant pas très fin psychologue ( ce n’est pas un ragot, vous ne le connaissez pas ) concerne essentiellement la sexualité des uns et des autres. Savoir qui couche avec qui semble être de la plus haute importance dans cette forme de médisance qu’est le ragot.
De plus, il faut, que la personne concernée par le commérage soit absente évidemment, faute de quoi le ragot releverait de l’agressivité en direct et n’existerait plus en temps que tel. Il appartient au bruit de couloirs, il se fait dans le dos, tout à la fois bavard et muet dans la confrontation directe.
Allons faire un tour du côté des philosophes de l’antiquité :
Dans la Grèce antique, nous savons tous que Socrate était doté d’une grande sagesse.
Un jour, une de ses connaissances est venu trouver le grand philosophe et lui dit :
– Sais-tu ce que je viens d’apprendre au sujet de ton ami ?
– Un instant, répondit Socrate. Avant que tu ne me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires.
– Les trois passoires ? Répliqua son interlocuteur.
– Oui, reprit Socrate. Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est ce que j’appelle le test des trois passoires.
La première passoire est celle de la Vérité.
As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
– Non, j’en ai seulement entendu parler…
– Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.
Essayons de filtrer autrement en utilisant une seconde passoire, celle de la Bonté
Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?
– Ah non ! Au contraire !
– Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur mon ami et tu n’es même pas sûr qu’elles soient vraies…
Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une troisième passoire, celle de l’Utilité.
Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?
– Non, pas vraiment… hésita l’ami.
– Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?

Que dois-je ajouter de plus après une telle sagesse ? 

 

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