Un peu de moi

Mais d’où vient ce goût pour les personnages de Hopper ?

Si il y a bien un peintre dont on reconnait immédiatement les tableaux, un peintre dont nul, dans mon entourage en tous les cas, n’ignore l’oeuvre, même partiellement, c’est Edward Hopper. L’oeuvre de ce peintre est depuis belle lurette sortie du domaine artistique pour se transformer en une sorte de patrimoine national.

Je m’intéresse depuis quelque temps à nouveau à ce peintre .Peut être un effet collatéral de ma nouvelle solitude, mon fils cadet ayant quitté le nid, je ne sais pas . Quoi qu’il en soit, l’univers de Hopper à nouveau fait écho en moi.
Les tableaux de ce peintre nous montrent d’abord un regard. Celui du personnage principal, déroutant, vide, introverti, renfermé sur lui-même, qu’il soit seul ou en couple ou même entouré d’autres. Les personnages sont rarement dans une pose tournée vers le peintre. Ils sont comme saisis là, dans une vie qui leur appartient, une histoire que l’on devine et qui pourrait être la nôtre, un entre-deux.

Ces univers désertés, des carrefours de vie pourtant parfois, des lieux de transit où l’on ne reste pas : bars, cafétéria, gares… abritent toujours un personnage qui reste en retrait.
En attente, sortes d’outsiders de la vie, figés dans une lumière blafarde, sans aucune activité physique, ils portent sur le monde qui les entoure un regard tourné vers un ailleurs qui évoque la rêverie et provoque un effet d’étrangeté.


Il nous ressemble ces personnages quand nous sommes là, rêvassant la fenêtre ouverte, assises dans un bar, notre sac près de nous, nues debout, une cigarette à la main, comme pétrifiées parfois.
Alors je crois que ce qui captive notre attention et nous fait tant aimer ce peintre, fait de ses tableaux des scènes qui nous sont familières, c’est que E. Hopper parvient à nous raconter une histoire : celle qui va surgir ou qui a surgi et a conduit le personnage dans cette immobilité qui le frappe sur la toile. Histoire qui reste à écrire et à laquelle Hopper nous convie.

3 commentaires

  • Elisabeth

    Bonjour, Dominique. J’ai découvert un peu plus l’œuvre d’Edward Hopper il y a quelques années grâce à une séance ciné-art au Vox de Fréjus, avec le film « Shirley, un voyage dans la peinture d’Edward Hopper ». Excellente réalisation, exercice difficile, mais réussi, car on plonge complètement dans cette étrangeté statique qui émane de ses tableaux. Bel article !

    • chichipomponleblog

      Merci Elisabeth . Je ne connais pas ce film . Je vais regarder . C’est fascinant je trouve , d’oû cet article, cette attirance pour ces tableaux qui finalement nous renvoient à nos solitudes, nos desespérances parfois ou au moins nos doutes …. merci pour votre commentaire . Bel après midi à vous !

Exprimez-vous !

%d blogueurs aiment cette page :