Un extrait de mon livre

Entrer en Ménopause

On entre en Ménopause comme on entrait autrefois au couvent dans ce qu’on appelle pudiquement  » l’imaginaire collectif  » : le corps doit devenir taiseux, la sexualité s’endormir, la retraite exclut d’une forme de vie sociale, les enfants élevés s’éloignent, la solitude envahit un espace qui s’ouvre sur l’entrée dans la vieillesse.

 » Ta mère, elle a la ménopause ! « . Voilà que pour certains ados le mot devient même une insulte.  » Devient ?  » …. Non, a toujours existé.

Une des pionnières du féminisme, Simone de Beauvoir, écrivait :  » La crise de la ménopause coupe en deux avec brutalité la vie féminine ; c’est cette discontinuité qui donne l’illusion à la femme d’une nouvelle vie « .

Foudroyante, anéantissante donc, loin d’être un nouveau départ comme le coup de foudre, la ménopause signe une fin et se penser, se ressentir dans une dynamique d’une vie qui se réécrit autrement, relèverait de l’utopie.

Florence Cestac met en scène dans sa B.D  Le Démon du soir ou la  Ménopause héroïque  chez Dargaud (2013), une cinquantenaire, Noémie, qui découvrant les résultats de sa mammographie –  » Mais comment ça deux petites boules, je suis censée faire quoi avec ça ? « – voit se cumuler la soixantaine proche et un cancer. Prise de conscience foudroyante chez cette quinquagénaire qui dans la foulée largue conjoint, boulot et contraintes de toutes sortes.

J’écoutais il y a quelque temps une émission sur Europe 1 « Les Experts ».  Un gynéco parlait et répondait à des questions de (jeunes) journalistes femmes … Il racontait comment les femmes de 50 ans et plus sont  » jolies et jeunes « . Moquerie d’une journaliste :  » Ah ah…  » jolies et jeunes, n’importe quoi !  » et il persistait.

La journaliste finissait par avoir l’air tarte, braquée sur la dérision. J’ai pensé que  ce gynéco qui voit des femmes tous les jours et de tous âges, donnait là une image sensée de notre situation hormonale qui faisait débat (oui, nos hormones font débat !)

On revient de loin !

Le jour où j’ai eu mes règles, vers 15-16 ans ma mère m’a donné une gifle. C’était la tradition alors, comme un signe de bienvenue dans la vie de femme, la fin de l’enfance,  elle a eu ses mots  » Maintenant tu peux avoir des enfants, alors fais attention aux garçons ! « . J’ai fondu en larmes.

Des années plus tard, la cinquantaine dépassée, je cotoie dans la salle d’attente de mon gynécologue bien aimé, des femmes enceintes jusqu’au cou, des femmes de mon âge, des femmes plus âgées, de toutes jeunes filles. J’ai cette pensée alors que c’est tout de même formidable tous ces âges de la femme, toutes ces étapes que nous vivons et ce ne sont pas des bouffées de chaleur qui me viennent mais des bouffées de plaisir, de fierté quelque part et le sentiment d’une grande libération, d’une  » débridation » en fait…

Continuons donc à ignorer superbement le 18 octobre, journée mondiale de la Ménopause car nous avons tellement mieux à faire qu’écouter nos fluctuations hormonales ! GO GO GO !

Pour le commander, c’est simple, vous m’envoyer un mail à Chichipomponleblog@gmail.com, avec votre adresse postale et je vous le fais parvenir en échange d’un chèque de 15 euros et 3 euros de frais de port. Pour l’étranger la transaction est aussi très facile . Alors n’hésitez pas pour Noël à faire ce petit cadeau à vos amies qui leur fera grand plaisir !

Envie de le commander ?