J’arrive d’un petit séjour solo à Rome et il m’est venu durant ces quelques jours, des pensées en vrac que je vous livre tant il est vrai, comme disait Rousseau, que la marche favorise les égarements de l’esprit.
Je n’avais pas pris l’avion depuis 7 ans, depuis qu’on m’a  » collé  » un pacemaker pour favoriser un rythme cardiaque un peu trop lent. Je m’en porte bien mieux, il est vrai, mais j’avais une appréhension de prendre de nouveau l’avion et globalement de faire des voyages.
Mes enfants à Noël m’ont dit :  » Bon, maman, maintenant ça suffit, il faut que tu te remettes à voyager, arrête avec tes peurs stupides « . A un moment, c’est pas mal, les enfants font l’éducation de leurs parents. Donc, comme je les écoute, car il y a beaucoup, beaucoup d’amour entre nous, je prends mon billet pour Rome. Ville que je connais : j’y suis allée déjà 3 fois dans le passé. Je commence petit.
Alors, d’abord, ma frousse phénoménale de l’avion, voire mon angoisse, a complètement disparu. J’ai adoré tout : monter la passerelle, le décollage, et voguer dans les airs comme la tortue de la fable  » La tortue et les deux canards  » ( que je vous engage à lire, elle est très rigolote )
J’ai regardé de tous mes yeux, la terre qui s’éloignait, la France qui disparaissait engloutie par la mer, les bleus si différents de l’eau, les terres italiennes qui apparaissaient. J’ai adoré voir le paysage renaître, distinct enfin, tous les bruits des réacteurs, l’atterrissage hop, hop… C’était juste merveilleux.
Après il y a eu Rome. J’ai loué un scooter pour sillonner la ville, je n’avais pas mis le foulard, mais j’avais la fourrure romaine, le jean et les talons hauts, le casque. Je vous fais grâce des photos, le casque ne me met pas trop en valeur, il faut être honnête.
Vu que j’étais seule, j’ai vêcu à mon rythme, mangeant sur le pouce, debout dans les bars, fait les magasins à tire larigot, traîné sur toutes les places. Je me baladais le nez au vent, les yeux au ciel, dans une immense liberté.
Car finalement la solitude et la liberté vont de pair. Bien sûr que j’aurais préféré être en couple, que je tiquais un peu quand je voyais des amoureux se rouler des pelles sur la Piazza Navonna, mais je m’étais dit que rien ne viendrait ternir ce séjour. Qu’il fallait que je m’emplisse de beau, moi qui adore le baroque. J’ai quitté ma montre à peine arrivée, j’ai vêcu hors du temps dans une ville qui l’est .
Parfois je m’amuse à dire  » Maintenant, que je suis une vieille dame …  » et bien je ne vais plus le dire, car debout à 6 heures du matin pour sentir la ville se réveiller, je n’avais rien d’une vieille dame. Voyager seule c’est aussi aller à la rencontre des autres, chercher le contact ou le trouver sans le chercher. Je parle un italien approximatif que ma mère m’a appris et je me suis bien débrouillée, avec le sourire qui ouvre toutes les portes.
J’ai ramené des chaussures de folie avec des talons vertigineux, des fringues à n’en plus finir. Je me suis étonnée en faisant chauffer ma carte bancaire de ne pas voir la tête de mon banquier apparaître en filigrane sur les tickets.
Se faire plaisir, trouver dans une vie qui n’est pas toujours mimi, le goût des bonheurs, s’attarder sur un visage de Madone si doux, être comme happée par ses serpents qui s’enroulent sur eux-mêmes dans les sculptures de Le Bernin, s’asseoir là et ailleurs, étendre les jambes, demander à un passant de me prendre en photo : Tout a été plaisir.
Il s’agit de vivre l’instant sans se dire : oui, mais ça aurait pu … peu importe, C’EST.

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