Le dernier roman de Houellebecq est sorti le 4 janvier : SEROTONINE. On se souvient que la sortie de SOUMISSION avait coïncidé avec l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo ce qui a fait dire à la rédaction : « Le prochain livre de Houellebecq sortira le 4 janvier. On s’abstiendra d’en dire du mal : la dernière fois, ça ne nous a pas franchement réussi. »
Florent-Claude est un  » héros houellebecquien  » pur jus. 46 ans, employé au ministère de l’agriculture, pour qui il rédige des notes et des rapports. Il boit pas mal, fantasme sur les jeunes femmes, détruit les détecteurs de fumée des hôtels, ne trie pas ses déchets, aime les animaux. Il vit en ville mais il aime par dessus tout les balades en forêt. Fumeur compulsif, il est aussi complètement dépressif.
Quand on fait sa connaissance, Florent-Claude vit avec une japonaise, il n’a plus avec elle d’échanges d’aucune sorte. Ils habitent dans le quartier Beaugrenelle dans le 15e arrondissement de Paris, au 29e étage de la tour Totem, « gigantesque morille de béton ». « Notre couple était en phase terminale (…), cependant il faut en convenir, nous disposions de ce qu’il est convenu d’appeler une « vue superbe ». Qui n’y suffira pas. Le narrateur ne veut plus vivre avec Yuzu. Surtout depuis qu’il a découvert ses infidélités ( notamment avec des animaux )
Il pense un moment à la défenestrer, avant de renoncer. Florent-Claude n’est pas prêt à passer par la prison, qui le priverait des « quatorze variétés différentes de houmous proposées par le G2, ou d’une promenade en forêt, « sans parler des aspects moraux liés au meurtre, bien entendu ».
Il décide donc de disparaître. La fuite est organisée en quelques heures et en quelques clics. Florent-Claude largue sa Japonaise sans aucun regret et s’installe dans un hôtel Mercure du 13e arrondissement. Ce qui aurait pu être le départ d’une nouvelle vie marque en fait le début de la chute. Florent-Claude se sent seul et de plus en plus mal, au point de n’avoir plus la force de se laver. Il consulte un médecin, qui lui prescrit du Captorix, un antidépresseur nouvelle génération « d’une efficacité surprenante », permettant aux patients « d’intégrer avec une aisance nouvelle les rites majeurs d’une vie normale au sein d’une société évoluée », en favorisant la libération par exocytose de la sérotonine ». Florent-Claude entame alors un retour vers le passé, ses amours, ses amis de jeunesse, à travers un road-trip dans la campagne normande.
Voilà pour un aperçu du contenu …. alors, j’avais adoré SOUMISSION.
Je trouve que SEROTONINE est plus abouti dans l’écriture, de belles envolées, une forme de suspens, une syntaxe en détours. Je trouve également que le personnage de François-Claude est un véritable romantique, désabusé, désespéré et surtout que Houellebecq, qui nous avait habitués à des héros obsédés sexuels, nous montre là un personnage plus attaché à l’amour même si  » le sexe reste le seul moment où l’on engage personnellement, et directement, ses organes, ainsi le passage par le sexe, et par un sexe intense, demeure un passage obligé pour que s’opère la fusion amoureuse, rien ne peut avoir lieu sans lui, et tout le reste, ordinairement, en découle avec douceur ». On retrouve fréquemment tout au long du roman les mots « chatte », « bite » et « cul ». Mais avec l’impression quand même que le sujet n’inspire plus autant l’écrivain ( les effets secondaires du Captorix y étant aussi pour quelque chose )
« Un seul être vous manque et tout est mort ». Un amour évidemment malheureux d’où cette comparaison avec les personnages romantiques.
SEROTONINE est un livre mélancolique d’abord, mais on rit aussi, au milieu de tout ce désespoir : « Lors de ma séparation d’avec Claire, mon sort avait été notablement adouci par la fréquentation des vaches normandes ». Il est aussi question de Dieu, du pouvoir etc…
Bref, j’ai beaucoup aimé .

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