Merveilleux week end que nous avons passé à Marseille, à la découverte des 5 expos, ni plus ni moins qui accueillent les oeuvres de Sophie.
Depuis sa première exposition au Musée d’art Moderne de la ville de Paris en 1980, Sophie Calle a largement contribué au développement d’un mouvement artistique contemporain : l’art narratif. Elle débute, par hasard, après des années d’errance à travers le monde. Sa rencontre avec deux pierres tombales dans un cimetière californien lui donne goût à la photographie. Elle écrit alors à son père, en 1979,  » J’ai pris des photographies de deux tombes où était gravé  » Brother and Sister « , je crois que ça m’a bien plu  » .

Voir la mer

Le musée Grobet-Labadié rouvert pour l’occasion, le musée des Beaux-Arts, le Muséum d’histoire naturelle, la Chapelle du centre de la Vieille Charité, et le Château Borély sont investis par les oeuvres de l’artiste.
Elle nous propose un parcours sans début ni fin, une sorte de jeu de pistes en cinq actes, en cinq musées.

La robe de mariée que Sophie n’a pas portée

Au coeur de la chapelle du Centre de la Vieille Charité, Sophie Calle rend hommage à sa mère Rachel, réincarnée en girafe sous la coupole ovale de Pierre Puget. ( On se rappelle la  » Maman », Araignée gigantesque de Louise Bourgeois dans le même esprit )
A la manière d’un récit policier, elle dissémine des objets personnels sur le mobilier ancien du musée Grobet Labadié, théâtre de souvenirs diffus.
 » Parce que…  » , c’est la réponse qu’elle donne à la peinture du musée des Beaux-Arts, comme un pied de nez à l’Art et son académisme artificiel.
En face, au Muséum d’histoire Naturelle, les petites annonces du chasseur français, collectées par l’artiste, laissent part à un langage tendre et cru, ou la quête d’amour se lit avec humour.


J’avais deux ans. Cela se passait sur une plage, à Deauville je crois. Ma mère m’avait confiée à un groupe d’enfants. J’étais la plus petite, ils jouèrent à se débarrasser de moi. Ils se groupaient, se parlaient en chuchotant, éclataient de rire et détalaient dès que j’approchais d’eux. Moi, je leur courais après et je hurlais ‟attendez-moi, attendez-moi”. Ça m’est resté. »


Enfin, ce cheminement s’interrompt au château Borély, face à la rade de Marseille. Des habitants d’Istanbul sont filmés alors qu’ils découvrent pour la première fois cette étendue infinie qu’est la mer.

Les histoires de Sophie Calle sont inclassables. Elle suit des inconnus dans la rue, les photographie, raconte leurs trajets, ou elle met en scène sa propre vie, chine des objets et animaux empaillés… Associant « image et narration », ses installations, photographies, vidéos, et films donnent naissance à une mythologie personnelle où la vie et l’oeuvre ne font plus qu’un. Un effet de ce jeu de cache-cache consiste à ne jamais savoir où s’arrête la réalité et où commence la fiction.

Et bien sûr il y a Marseille, ville foisonnante, cosmopolite, inclassable également.

( Le blog va faire une pause pour revenir différent, avec des rubriques autres, trouver sa voie, son chemin … à bientôt ! Ne manquez pas de vous abonner car je ferme ma page fb définitivement, merci à toutes et tous ! )

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